Essai sur le travail de l'encyclopédiste et sur l'organisation des bibliothèques

Comparaison des objectifs

Depuis que je suis venu en contact avec le philosophe Jacques Dufresnes (à la mi- août 1997), je n'ai cessé de m'interroger sur ce qui faisait la spécificité d'une bibliothèque par rapport à une encyclopédie. Plus particulièrement encore : où se situe l'encyclopédie virtuelle (tout au moins, dans le sens que donne l'Agora au mot «encyclopédie» par rapport à la bibliothèque virtuelle (du moins selon le sens que j'ai laissé prendre au mot «bibliothèque virtuelle» dans mon arbre de connaissance.

Peu de temps après avoir entrepris cette réflexion, j'ai pu la confronter à des idées déjà bien structurées et diffusées par le groupe «Agora» puisque j'ai découvert sur le sujet un texte encyclopédique très intéressant signé par Marc Chevrier.

Suite à une rencontre de Monsieur Dufresne et de Madame Laberge Hélène puis d'une première participation au groupe de Québec des lecteurs de l'Agor, je suis maintenant un peu plus au fait des liens qui unissent les penseurs gravitant autour d'Agora. J'ai relu ce matin, cette fois dans sa version imprimée (volume 4, numéro 3; avril-mai 1997), le texte de Marc Chevrier. J'avais toujours en tête de mieux identifier ce qui unit encyclopédie et bibliothèque et ce qui rend ces deux mondes complémentaires.

À la re-lecture de ce texte de Monsieur Chevrier je suis, une fois de plus, renversé (écrasé même, devrais-je avouer) par l'érudition que manifeste ce texte : j'y re-découvre notamment plusieurs faits historiques se situant entre le moment de la fabrication des tablettes sumériennes et l'arrivée de l'hypertexte et constatant qu'une grande partie de tout ce bagage de connaissances était depuis longtemps enfoui au fond de ma mémoire, je m'interroge sur ce que je pourrais bien apporter à des gens qui «savent déjà tout» beaucoup mieux que moi et cela dans mon propre domaine.

Puis, arrivé aux deux tiers du texte je bondis devant le paragraphe suivant :

«Généralement, l'entreprise encyclopédique s'est traduite par trois ambitions. 1- La création de bibliothèques, qui accumulent et préservent les écrits, pour la jouissance des savants et du grand public; 2- par la création de musées et de collections, qui rassemblent les oeuvres d'arts, les restaurent et les exposent au
public; 3- par la publication de dictionnaires et d'encyclopédies, présentant l'univers de la connaissance sous la forme d'articles succincts rédigés par des maîtres de chaque discipline du savoir. Par définition, l'encyclopédie est organisation, sélection et simplification.» À un bout du spectre, le bibliothècaire qui accumule et à l'autre l'encyclopédiste, le maître d'une discipline qui présente l'univers des connaissances.»

Oh! Combien je retrouve ici une tendance observée il y a quelques années chez les gens de l'audiovisuel et plus récemment chez les informaticiens puis chez les maîtres de l'infographie et du multimédia : faire graviter, chacun autour de son propre secteur d'activité l'ensemble des activités de la documentation et de l'information.

«Par définition, écrit Monsieur Chevrier, l'encyclopédie est organisation, sélection et simplification.». Simplification, voilà un objectif que poursuivent avec profit les encyclopédistes. En fait foi à mes yeux ce petit texte à propos du Voilier du cyberespace trouvé un jour par hasard sur le site de l'Agora et qui a conduit mes pas vers ce groupe.


Si, « Par définition, l'encyclopédie est organisation, sélection et simplification », comment pouvons-nous définir la bibliothèque ? Je dirais pour lancer le débat que la bibliothèque est par définition : sélection, organisation et service.

Après échange sur le sujet lors du Séminaire Internet : « Les Inforoutes et l'avenir du Québec - Aspects culturels » tenu à Ayer's Cliff les 27 et 28 septembre 1997, j'en retiens surtout que ces deux disciplines peuvent et doivent se donner la main pour donner au Québec un accès prévilégié au monde du cyberespace.

Réflexion sur les moyens que prévilégie les sciences de l'information documentaire

Habitué aux catalogues, le spécialiste de l'information documentaire apportera peut-être par exemple une attention particulière aux formats de présentation; insistant par exemple sur la diffusion d'index que l'on peut parcourir sur une page apparaissant à l'écran et évitant ainsi à l'internautre de se perdre dans ce qui semble un trou sans fond.

Dans sa bibliothèque de type plus traditionelle ou dans sa bibliothèque sur Internet, le bibliothécaire organisera ses services autour de documents judicieusement évalué et sélectionnés.

Encyclopédistes et spécialistes de l'information documentaire ont tout avantage à collaborer. Une réflexion plus élaborée devrait être poursuivie concernant ce que les sciences de l'information peuvent apporter au travail encyclopédique (on trouvera ici des pistes de travail en ce sens). Des échanges pourraient, par exemple, contribuer à alimenter ce dossier lors du séminaire Les Inforoutes et l'avenir du Québec - Aspects culturels. On retrouve, en effet, dans toute bonne encyclopédie des références bibliograpiques. Or, pour traiter ces données et les présenter de façon normalisée, l'encyclopédiste aurait sans doute avantage à se référer à des normes telles que : ISO 23650, le Format MARC, SGML, ISBD, les Règles de catalogage anglo-américaines ...

Je laisse à la réflexion du visiteur de cette page divers textes qui tentent de mieux situer le rôle du spécialiste de l'information documentaire comme agent de sélection, d'organisation et de diffusion de services documentaires :

Jean Bouthillette


Date de création : 1997-09-26 (JB)
Dernière modification : 1997-10-27 (JB)